Microbes et établissements scolaires: Quels sont les risques d’infections?

2 avril 2019
Microbes et établissements scolaires: Quels sont les risques d’infections?

L’école est reconnue comme étant le lieu de transmission de prédilection de plusieurs infections, le point central, selon Athena Kourtis Pédiatre et auteure du livre, Keeping Your Child Healthy in a Germ-Filled World.

Le rhume et toutes les infections respiratoires s’y apparentant sont responsables de 22 millions de journées d’école perdues par année chez nos voisins américains selon le CDC. La grippe et ses complications sont responsable d’environ 20 000 hospitalisations d’élèves annuellement. Chaque année, des articles de journaux nous informent de la présence d’épidémies de gastroentérites, de vers et de grippe qui sévissent dans nos écoles au Québec. (Voir en bibliographie).

Deux facteurs importants

D’un point de vue microbiologique, il y a deux facteurs très importants qui peuvent expliquer ces épidémies récurrentes: le faible taux de lavage des mains et un entretien sanitaire inadéquat.  Nous allons donc ensemble faire le tour des possibilités au niveau de l’entretien sanitaire.

Les écoles sont des endroits tout indiqués pour les germes:

  • Des enfants les fréquentent tous les jours et ceux-ci n’ont pas acquis totalement les habitudes d’hygiène de base. De plus, leur système immunitaire est encore en construction ce qui amène un enfant à produire plus de germes dans ses sécrétions qu’un adulte pour la même infection. Ils en éparpillent donc plus dans l’environnement.
  • Les germes les plus fréquents dans les milieux scolaires survivent plusieurs jours sur les surfaces voir des semaines!
  • Les gens qui font l’entretien ont peu de temps pour le faire. Temps oblige, on effectue d’abord les surfaces visuellement sales.
  • Parfois, les installations sont désuètes voir même totalement inadéquates (toilettes, lavabos, vestiaires, planchers originaux)! Certaines écoles sont surpeuplées rendant ainsi la transmission des germes plus facile.
  • Mentionnons également une main-d’oeuvre sans formation continue utilisant des techniques qui sont maintenant reconnues comme inadéquates et parfois des outils et produits inadaptés pour les risques infectieux présents dans les établissements scolaires.

Tous ces facteurs additionnés favorisent la contamination des surfaces dans les écoles.

 

Comment pourrions-nous diminuer le risque infectieux pour les élèves et les enseignants dans un établissement scolaire?

Voici une liste des objets qui sont les plus contaminés dans une école.

  1. Les fontaines d’eau
  2. Les bureaux des enseignants. (Un bureau d’enseignant est l’habitat de près de 17 800 bactéries par pouce carré, plus que les sièges de toilette!)
  3. Les plateaux et chariots de la cafétéria
  4. Les poignées de portes, interrupteurs et autres surfaces fréquemment touchées
  5. Les claviers d’ordinateurs et souris.
  6. Les mains des élèves.
  7. Les sièges de toilette.

Ces objets devraient faire partie d’une liste prioritaire pour protéger la santé des élèves même s’ils ne sont pas sales visuellement, les germes y sont bien présents.

 

Comment faire pour diminuer le risque d’infection dans mon établissement scolaire? Voici une liste de points à vérifier (non exhaustive) :

  • Premièrement, développez une relation avec votre représentant chez V-TO, il pourra vous aider dans votre démarche. Il est bon d’avoir une personne de confiance pour ces questions d’hygiène scolaire. Il pourra vous aider si un germe particulier venait à vous visiter.
  • Analysez avec un oeil critique les salles de bains de votre établissement. Y a-t’il au moins un distributeur de savon pour deux lavabos? Nous avons souvent vu un distributeur de savon pour 10 lavabos. Autant vous dire que le lavage des mains n’était pas prioritaire! Est-ce que les siège de toilette sont en bon état et se nettoient facilement? Dans les vestiaires, est-ce que les rideaux de douche sont propres? Promenez-vous avec vos lunettes “hygiène”.
  • Est-ce que des distributeurs d’aseptisant pour les mains sont installés de manière stratégique dans mon établissement scolaire? Sont-ils toujours pleins et fonctionnels?
  • Est-ce que mes outils sont propres, sont-ils entreposés dans un endroit propre et nettoyé QUOTIDIENNEMENT? Nous avons trop souvent vu des lingettes séchées sur le “bras” du chariot pour le lendemain…Signe d’un manque de perfectionnement aux nouvelles techniques et outils.
  • Assurez-vous d’avoir en votre possession un produit désinfectant virucide général pour les toilettes. Souvent, nous remarquons l’utilisation de produit détergent uniquement dans les salle de bain des écoles. S’il y a un désinfectant, il n’est pas suffisamment puissant pour le risque infectieux d’un établissement scolaire. Pensez aux dégâts de selles de la dernière chronique (Lien ici). Pour le reste des tâches un désinfectant bactéricide est suffisant.
  • Surtout, vérifiez que les objets à risque font partis de la routine quotidienne.
  • Assurez-vous qu’il y a des gants pour faire le travail. Nous avons remarqué que certains établissements scolaires n’offrent pas de gants pour leurs employés à l’entretien sanitaire…
  • Assurez-vous que vos employés suivent les techniques les plus à jour en entretien sanitaire: Du haut vers le bas du plus propre vers le plus sale et qu’il n’y a pas de retrempage des chiffons dans le seau. Si vous  n’y connaissez rien vous même, assurez-vous d’aller chercher l’information auprès de votre représentant.

 

Voilà quelques points importants à vérifier pour un entretien sanitaire adéquat dans votre établissement scolaire. Vous pouvez également vérifier dans les documents officiels émis par le Gouvernement du Québec (en Bibliographie) pour plus de détails.  Les représentants chez VTO peuvent analyser votre situation et voir si vous avez les produits et les outils convenables pour faire votre travail correctement afin de protéger la santé des enseignants et des élèves.  N’hésitez pas à faire appel à leurs conseils.

Faites participer les enseignants et les élèves à la prévention des infections. Favorisez le lavage des mains, vous allez diminuer d’autant la contamination des surfaces.

Bibliographie

Prévention et contrôle des infections dans les services de garde et écoles du Québec – Guide d’intervention édition 2015 Cliquez ici

 

Publié le vendredi 24 février 2017

Une école primaire fermée en raison d’une épidémie de gastro

L’école primaire Saint-Jean-Baptiste de Roxton Falls est fermée en raison d’une éclosion de gastroentérite. L’école compte 230 élèves. Environ 40 % des enfants et des membres du personnel sont touchés.La Commission scolaire de Saint-Hyacinthe a donc décidé de fermer l’établissement et le service de garde.L’école procède à une désinfection en règle. Le grand nettoyage et la semaine de relâche devraient permettre à l’éclosion de se résorber.

 

Jasmin Dumas | TVA Nouvelles| Publié le 13 septembre 2018

La présence d’une bactérie dans une école suscite l’inquiétude

Il y a de l’inquiétude à l’école secondaire Le Ber de Sherbrooke depuis qu’on a découvert la présence de la bactérie legionella dans le système de climatisation.Des parents ont décidé de garder leurs adolescents à la maison par précaution, jeudi, même si la direction de la santé publique de l’Estrie assure qu’il n’y a plus aucun danger à l’heure actuelle.«Il ne faudrait pas priver les jeunes de leurs cours parce que le risque est maintenant nul», a insisté la Dre Mélissa Généreux, de la direction de la santé publique de l’Estrie.

 

Publié le samedi 3 novembre 2018

Une éclosion de gastro force la fermeture d’une école

Plusieurs élèves de l’école régionale de Souris ont été atteints par une éclosion de gastroentérite cette semaine. Selon la directrice, Anna MacKenzie, près de 20 % des élèves étaient absents mardi dernier parce qu’ils étaient malades.

 

Publié le mercredi 30 janvier 2019 à 23 h 01

Des enseignants croient que leur école les rend malades

Des enseignants de l’école Notre-Dame, à Saint-Roch-de-l’Achigan, dans Lanaudière, soupçonnent que leur environnement de travail nuit à leur santé. Ils se tournent maintenant vers les tribunaux pour que la qualité de l’air de l’établissement soit testée. Depuis 2017, une vingtaine d’employés de l’école primaire se plaignent de problèmes de santé qu’ils estiment liés à leur milieu de travail, notamment à la présence de moisissures.

 

Autres articles de journaux

13 avril 2016  Une école du Plateau infestée de souris

29 Avril 2016 Vague de gastroentérite à l’école de la Passerelle

16 Mai 2016  Éclosion de gastro-entérite à Bas-Caraquet

 

Vidéos et liens sur l’état des bâtiment d’enseignement

Décrépitude dans les écoles: des professeurs témoignent

RCQC  |  Par Radio-Canada.ca  Publication: 23/01/2016

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/761110/ecoles-montreal-decrepitude-csdm-photos-reactions



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